Remarques

   
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Pourquoi danser toujours de la même manière ?
Publié dans la revue Tango Nº 31 (Mai 2009)


On observe en général une danse pauvre, en-dessous de ce qu'elle pourrait être.
L’emploi limité de ressources peut générer une qualité de mouvements personnels inférieure, un nombre minimum de “pas” réitérés jusqu’à la fatigue, une médiocre créativité. Les causes en sont le manque d’information, la facilité, la peur, l'habitude ou tout cela à la fois.
Il y a des caractéristiques communes à la plupart de ceux qui circulent sur la piste d’une milonga : l’emploi d’un répertoire limité de mouvements exécutés de la même manière par tous. Il s’agit de quatre “pas” proposés à la femme, que répètent les différents danseurs : les célèbres “huit arrières”, le “croisement du pied gauche devant le pied droit”, le “huit coupé”  (ocho cortado) et le tour à la gauche de l’homme. Avec très peu de variations ce modeste répertoire parait dominer la danse du début à la fin.

Attentat contre l’essence de la danse (l’improvisation).

Une danse qui naît libre et infinie quant à ses possibilités à partir de l’improvisation et la re-création permanente, souffre d'être corsetée par la limite des mouvements, des ressources et de la dynamique. On danse en répétant tout le temps les mêmes mouvements et de la même manière. Quelques exemples : une seule façon de marcher par rapport au partenaire, par un seul côté de l'abrazo, premier mouvement toujours le même : déplacement latéral, etc.
Une fois réussie l’entente de base avec la musique et le partenaire de danse, le conformisme apparaît. Comme si l’enfant avec un langage élémentaire qui réussit à satisfaire ses besoins, s’arrêtait d’apprendre la langue, nous en restons à balbutier une danse qui offre pourtant une richesse infiniment supérieure.
Ceux qui atteignent les meilleurs résultats ne les obtiennent pas naturellement mais par un réel travail qui consiste à développer les potentialités que nous possédons tous de manière latente. Mais il est prouvé que généralement nous nous contentons d'utiliser 10% de nos possibilités.

La répétition d’un mouvement. Avantage et limite

La réitération du geste corporel comme manière de stabiliser des actions et d’avoir accès à des schémas nouveaux est l'une des meilleures voies pour atteindre l’objectif d’une nouvelle habitude.
Mais la danse du tango a comme caractéristique essentielle l'improvisation, et le fait de répéter laisse de côté un de ses composants primordiaux. L’exécution réitérée d’un mouvement fournira de l’aisance dans son automatisme, de la sécurité dans son absence de surprise, mais son prix (tout a un coût dans cette vie) ce sont les limites, la résignation, l’ennui et le manque de créativité.
Dans un cas, à chaque tanda seulement changera le visage du partenaire avec lequel on répétera encore et toujours la même danse. Dans l’autre cas on peut danser différemment chaque tango avec le même partenaire.

Les remarques présentées ici sont destinées à inviter chacun à déployer toutes les ressources dont il dispose au fond de lui mais qu'il n'utilise pas pleinement.

Publié dans la revue Tango Nº 31 (Mai 2009)


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