Remarques

   
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Le tango-danse est né à Paris
Publié dans la revue Punto Tango Nº 32 (Juin 2009)

On a beaucoup écrit sur le fait de savoir si Carlos Gardel était né à Toulouse (France) ou à Tacuarembó (Uruguay). Au delà de la fierté de chacun des deux peuples, je n’ai jamais bien compris ce qu'apportait à sa trajectoire artistique et à celle du tango cette discussion sur son lieu de naissance.
On lit et on entend également beaucoup de choses, la plupart du temps avec des analyses assez peu rigoureuses, sur l’influence ou non de l'Afrique sur le tango.
Pour ma part, je prends en considération un aspect qui méritait une plus grande reconnaissance : l’influence de la France (Paris) sur le tango-danse.
Comme témoignage du rapport intense, fructueux et privilégié entre Paris et Buenos Aires : plus de 300 tangos évoquent Paris, ses quartiers, ses personnages et sa langue ; Montmartre est plus présent dans les paroles des tangos qu’aucune rue ou qu’aucun quartier de Buenos Aires.

Il y  a eu deux époques de forte incidence française pour la reconnaissance et le développement du tango-danse à Buenos Aires, son lieu de gestation.
Dans la première (1906-1913), - il arrive à Paris depuis Marseille -, il est probable que les danses existantes, même la valse (ou “danse luxurieuse” comme on l'appelait alors) ne satisfaisaient pas les besoins d’expression de l’époque. C’est alors que cette danse arrive, avec en plus le charme de ce qui est “exotique”, et s’installe avec force dans la haute société parisienne. La fureur de la mode s’étend non seulement à la danse dans les bals, mais elle déferle aussi sur les habitudes sociales (“thé tango”), les vêtements, la couleur (l’orange est la “couleur tango”), etc.

Si à ce moment-là la métropole économique était l'Angleterre, la métropole culturelle était la France. En tant que  phare historique mondial de la culture et de la mode, pour avoir du succès où que ce soit, dans quelque domaine que ce soit, il faut d’abord avoir du succès à Paris. En 1912, à Buenos Aires, des journaux, des articles et des témoignages de voyageurs remarquent la vigueur écrasante du tango-danse à Paris. C’est seulement alors qu’il commence à être accepté par les hautes et moyennes classes porteñas et s'impose comme musique de toutes les couches sociales de la population.

Deuxième époque : à partir de 1983. À Buenos Aires, une lente décadence du tango a commencé à partir de 1950. En 1983, “Tango Argentino”, un spectacle de chant et de danse, est présenté à Paris. Il devient un succès qui se déplace ensuite aux Etats-Unis. C’est alors que commence ce que l’on pourrait appeler “la deuxième époque d’or du tango-danse”.

Si dans la première époque l’apport de Paris met l'accent sur la chorégraphie, dans la deuxième, sa contribution a consisté à être le début d'une nouvelle divulgation. Il triomphe ensuite comme spectacle de chant et de danse aux Etats-Unis et dans d'autres pays et s’installe de nouveau comme danse à Buenos Aires.

On pourrait dire alors : à l’origine, la danse de tango à été conçue à Buenos Aires, mais elle est née (et née une deuxième fois) à Paris.

Publié dans la revue Punto Tango Nº 32 (Juin 2009)


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